La sixième édition du baromètre réalisé par l'IFOP* pour le compte de la FNCCR confirme le peu d'intérêt des Français pour la concurrence dans les marchés de l'électricité et du gaz.

La concurrence boudée

En effet, 95% des Français ne souhaitent pas changer de fournisseur.

Si, lors des premiers baromètres FNCCR-IFOP, environ un tiers des Français souhaitaient pouvoir changer de fournisseur, depuis que le marché est ouvert à la concurrence (juillet 2007), ce pourcentage s'est fortement réduit. Les rares Français qui se disent prêts à changer de fournisseur le feraient pour une offre à un meilleur prix (49%), 23% pour une offre comprenant des énergies renouvelables, 15% pour un meilleur service.

La réversibilité (possibilité de revenir aux tarifs réglementés après avoir testé le marché) est entrée dans les mœurs: 75% des Français y sont favorables. L’adhésion est cependant moins massive qu’en janvier 2008 (83% de réponses favorables).

Notoriété des fournisseurs: il a été demandé aux Français sollicités par des fournisseurs alternatifs de nommer ce ou ces fournisseurs. On observe une forte progression en notoriété spontanée de Direct énergie., qui rejoint le niveau de Poweo pour l'électricité et de... GDF Suez pour le gaz.

Du côté des entreprises et des élus, l’ouverture à la concurrence suscite le même désintérêt critique. Ils restent très peu nombreux à vouloir changer de fournisseur : à peine 4% des maires (4% pour l’électricité, 2% pour le gaz) et 6% des chefs d’entreprise! Ce scepticisme est à rapporter à la connaissance du marché : les entrepreneurs et les élus connaissent le marché, mais n’ont pas l’intention de changer. Exemple: 9 chefs d’entreprises sur 10 savent que les marchés sont ouverts à la concurrence. Mais ils ne sont plus que 17% à comparer les offres, un pourcentage qui diminue régulièrement depuis le lancement du baromètre.

De fait, seuls 5% des chefs d’entreprise estiment que l’ouverture à la concurrence a un impact satisfaisant sur leur activité. Un pourcentage à rapporter aux 10% qui jugent cet impact négatif et, surtout, aux 85% qui estiment que cela n’a rien changé.

Même désintérêt chez les élus : pour 3% l’ouverture à la concurrence a un impact satisfaisant pour leur commune, 9% la jugent négativement et 88% estiment que cela n’a rien changé.

Les fournisseurs semblent y croire de moins en moins. Seuls 26% des chefs d’entreprise ont été contactés récemment, contre 42% en juin 2006 et 33% en 2008. A noter qu’il reste encore 9% de chefs d’entreprises qui ignorent la possibilité de changer de fournisseur.

Le Tartam plébiscité

Dans le cadre du baromètre 2010, les chefs d’entreprise ont été interrogés pour la première fois sur le tarif transitoire d’ajustement au marché, dit Tartam. 84% n’en ont jamais entendu parler mais 4% savent précisément de quoi il s’agit (12% en ont vaguement entendu parler). Parmi ceux qui connaissent le Tartam (16% de l’échantillon), une très forte majorité (85%) est favorable au maintien du Tartam.

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Réseaux: dégradation de la qualité

Pour la partie "réseaux" du baromètre, le baromètre montre que les Français (grand public, entreprises, maires) perçoivent une dégradation de la qualité de service, qui devient préoccupante s'agissant de la rapidité d'intervention et de la compétence des interlocuteurs en cas de problèmes.

La dégradation de la qualité de la distribution d'électricité se fait jour. Ainsi, la perception de variations de tension oscille entre 11 et 16% selon les populations concernées. La perception de micro-coupures oscille de 10% (chefs d’entreprises) à 19% (chez les maires). Ce qui signifie que près d’un maire sur 5 perçoit « souvent » de telles coupures. S’agissant des coupures longues (plus de 1 minute), 5% des Français en ont vécu «souvent» (7% des maires). Du côté des élus, une progression forte de l’insatisfaction est à observer : à la question: «au cours des deux dernières années, diriez-vous que les coupures d’électricité ont été en nombre raisonnable ou trop nombreuses?», 15% répondent oui.

Les réseaux aériens sont mal perçus par la population et, fait notable, les Français, plus encore leurs maires, sont largement favorables à leur sécurisation par l'enfouissement. L’enfouissement des réseaux, même au prix d’un surcoût, recueille ainsi l’avis favorable de 56% des Français (et 64% des habitants des communes rurales).

Interrogés sur des propositions chiffrées, en l'occurrence celles de la FNCCR*, les Français s’y disent favorables à 61% (dont 11% jugent que c’est prioritaire). Les élus sont encore plus sensibles à cette préoccupation : 81% y sont favorables (dont 25% jugent que c’est un sujet prioritaire).

S'agissant du gaz, on observera une hausse générale de la satisfaction en ce qui concerne la fiabilité de l’approvisionnement.

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Distribution d'électricité et de gaz: des services publics méconnus des Français

Sur l'organisation du service public de distribution d'électricité et de gaz, beaucoup de pédagogie reste à faire. En effet, pour la première fois dans ce baromètre, les Français ont été interrogés sur l’organisation du service public de distribution d’électricité. Cette organisation repose sur la propriété, par les collectivités locales, des réseaux de distribution d’électricité et de gaz. Cette réalité est méconnue des Français qui attribuent spontanément la propriété des réseaux à EDF et GDF Suez (ou leurs filiales ERDF et GRDF), qui n’en sont que les concessionnaires.

Seuls 4% des Français savent que ces réseaux appartiennent aux communes (ou à des groupements intercommunaux). S’agissant des maires, c’est à peine mieux (9%). Et très peu de Français savent que le service public de distribution d’électricité et de gaz est une compétence communale.

Il est à observer que la notoriété spontanée d’ERDF et GRDF se situe à un bon niveau (18% des Français mais 47% des maires) pour ces entreprises qui ont à peine deux ans d’existence.



Le baromètre IFOP-FNCCR en 5 clics.

- Synthèse et analyse du 6ème baromètre Les Français et l'énergie FNCCR-IFOP,
- Synthèse sous format powerpoint du baromètre.


Résultats détaillés par échantillon - Les Français et l'énergie, résultats grand public mars 2010,
- Les Maires et l'énergie, résultats mars 2010,
- Les Chefs d'entreprises et l'énergie, résultats mars 2010.

Voir aussi: Energie: cinquième baromètre FNCCR - IFOP (janvier 2008).




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- * Le sixième baromètre «les Français et l’énergie» a été conduit par l’IFOP pour la FNCCR, entre le 11 et le 17 mars 2010, auprès de 863 personnes, représentatives de la population française, âgée de 18 ans et plus, de 501 chefs d’entreprise, représentatifs des entreprises de 0 à 49 salariés et réalisant moins de 10 M€ de chiffre d’affaires, de 301 maires, représentatifs de la population des maires.

Le baromètre IFOP-FNCCR a été lancé en juin 2004.

- ** "Aujourd’hui, il faudrait investir un milliard d’euros par an pendant 8 ans pour enfouir la majorité du réseau moyenne tension et résorber les lignes les plus fragiles du réseau basse tension. A l’heure actuelle, cet investissement qui serait à la charge des usagers vous paraît-il quelque chose de prioritaire, important mais pas prioritaire ou secondaire?" La question ainsi posée met l'essentiel de la charge sur la facture pour évaluer l'adhésion des français. Les propositions de la FNCCR comprennent d'autres financements (provisions pour renouvellement, taxes locales sur l'électricité...).