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mardi 29 janvier 2008

Electricité et gaz: la concurrence ne fait toujours pas recette

97% des Français ne souhaitent pas changer de fournisseur!

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jeudi 24 janvier 2008

Condat, victime de la fracture électrique?

Condat. Fiche signalétique: papetier. Usine créée en 1907, implantée à Condat (Dordogne)
800 emplois directs (premier employeur privé du département)
Chiffre d’affaires 2007: 382 millions d’euros
Filiale du groupe Lecta, deuxième producteur européen de papier couché


Un grand consommateur d'énergie.

Située entre Périgueux et Brive, l'usine Condat consomme chaque année plus de 350 GWh, l'équivalent d'une ville de 60.000 habitants. A cela s'ajoute Condat, une consommation d'environ 750 GWh de vapeur par an. L'usine dispose d’une unité de cogénération avec une puissance électrique de 100 Mégawatts. Cette unité fonctionne 5 mois par an, l'hiver, dans le cadre d’un contrat d’obligation d’achat où l’électricité est rachetée par EDF à un prix bonifié.


Un réseau sous-dimensionné?

Le hic, c'est que l'usine subit de nombreuses perturbations, émanant du réseau d'alimentation électrique de RTE (réseau de transport). Chaque coup de foudre dégrade ce qui n'est plus du tout une histoire d'amour entre RTE et Condat: "Notre éloignement de la source de production se traduit par une perte d'énergie, déplore Frédéric de Agostini, directeur de l'usine de Condat. A cela s'ajoute l'impact de la foudre qui, l'été, perturbe gravement le réseau. En 2007, nous avons relevé 102 incidents..."



Perturbations relevées en 2007: à droite (abscisses), la "force" des creux de tension, à gauche (ordonnées) leur durée. Les points bleus signalent des incidents perturbant la production, les points rouges des incidents nécessitant un arrêt de la production. L'encadré en haut à gauche situe la zone à partir de laquelle la responsabilité de RTE est engagée.

La sanction, pour l'usine, est immédiate: "au mieux, la production est interrompue pendant deux heures". Car ces perturbations "bloquent partiellement ou totalement la production de papier et endommagent les machines". Il y a parfois pire: "le 11 janvier 2006, il a fallu plus de 24 heures pour que RTE rétablisse l'électricité! Et, lorsque les incidents ont lieu la nuit, au bout du fil, chez RTE, il n'y a personne."
A Condat, on estime le préjudice entre 600.000 et 1 millions d'euros par an, dont 300.000 euros liés au "vieillissement prématuré des matériels électroniques". La pilule est d'autant plus amère que l'usine a investi 3 millions d'euros ces dernières années pour améliorer son installation électrique. Et que son réseau interne, à la suite d'un audit mené par Schneider, a été considéré comme "performant". Pour Frédéric de Agostini, la problème est ailleurs, dans le "sous dimensionnement du Réseau de Transport d'Électricité (RTE) en Dordogne."
Ce que RTE ne veut pas entendre. Interrogé par l'AFP, le responsable de la région sud-ouest de RTE, Denis Hoffmann, a indiqué que les "petites imperfections" subies par Condat résultent "du fonctionnement normal du réseau".


La fracture électrique
Compte-tenu de la taille de l'usine, le cas de Condat est exceptionnel, même s'il existe, selon Frédéric de Agostini, une dizaine d'autres entreprises dans le même cas. Mais c'est aussi ce que vivent, à une échelle évidemment moindre, de petites entreprises raccordées au réseau de distribution en milieu rural. Jean-Pierre Dessaix, directeur du Syndicat départemental d’énergie de la Dordogne (SDE 24), observait ainsi que "ce que vit Condat, c'est ce que subissent régulièrement les petites PME de Dordogne".

Victimes de la "fracture électrique".

On suivra donc avec intérêt la suite donnée à la plainte que Condat, soutenu par le conseil général, s'appête à déposer devant le Cordis (Comité de règlement des différends et des sanctions) piloté par la Commission de régulation de l'énergie (CRE). C'est en effet la première fois première fois qu'un client soumet à la CRE un problème d'alimentation lié à un refus d'investir sur le réseau électrique.

mardi 22 janvier 2008

Gaz de France - Suez, la fusion à nouveau retardée

Version longue: le TGI de Paris a donné raison au comité central d'entreprise. Gaz de France devra donc fournir davantage d'informations au CCE afin de lui permettre de se prononcer sur le projet de fusion avec Suez. Selon les termes du jugement, il est interdit à GDF de "prendre toute décision relative au projet de fusion" tant que l'instance représentative du personnel compétente n'aura pas donné son avis sur le projet.

Selon l'avocat de Gaz de France, la fusion serait "encore possible avant la fin du premier semestre".


Court métrage ou version longue?
Nouvel épisode de la saga feuilletonesque de la fusion entre Gaz de France et Suez : la version director's cut se joue en partie aujourd'hui au tribunal de grande instance de Paris. Celui-ci doit se prononcer sur le respect par Gaz de France de ses obligations d'information des instances représentatives du personnel.
Si le tribunal répond favorablement à la demande des syndicats, la fusion ne pourra être lancée avant juillet. S'il donne raison à Gaz de France, elle pourrait intervenir en mars.
Réponse dans l'après-midi.

jeudi 17 janvier 2008

Die Welt von Gestern*

Energie2007 livre à la Commission de régulation de l'énergie (CRE) quelques photos dérobées par un paparazzi 13 rue des Batignolles, le 17 janvier 2007.

Sommes-nous chez eRDF et GrDF? Ici, c'est une agence EDF GDF :



Nous sommes à EDF GDF SERVICES Paris Nord. Le logo date du milieu des années 90, c'était le temps de la Garantie des services (tiens, qu'est-elle devenue?) :



Une annonce, pourtant, nous indique que cette agence est "un accueil des distributeurs d'énergie". Et, dès l'entrée, un présentoir fournit en abondance des fiches explicatives issues du site de la CRE: Energie-infos.



Sortie de voitures jour et nuit. Notre paparazzi a dérobé cette image sur l'une d'entre elles.



Et discuté avec ses occupants :
- Bonjour, je peux prendre en photo votre logo?
- Bien sûr, pas de problème, allez-y. En plus, c'est le nouveau logo !



PS: pour les nostalgiques, cet autocollant est en vente sur priceminister (3,50 €).


* Die Welt von Gestern (le Monde d'hier), Stefan Zweig.

lundi 14 janvier 2008

Julien Noé (Enercoop) : "le marché de l'électricité verte doit s'ouvrir à tous les fournisseurs"

Avec son statut de société coopérative d’intérêt collectif, Enercoop fait figure d’exception dans la liste des fournisseurs d’électricité. Nous sommes une « société à but non lucratif », résume Julien Noé, directeur adjoint. « Nous n’avons pas d’actionnaires, mais des sociétaires (le coût d’adhésion est de 100 euros), et nous réinvestissons nos bénéfices dans les énergies renouvelables. » L’énergie verte est en effet le créneau d’Enercoop, seul fournisseur à garantir une énergie d’origine renouvelable à 100%. Ce qui a un coût : « notre offre est environ 30 à 40% plus chère, ce qui se traduit par 10 à 15 euros en plus par mois sur la facture. » Entretien.

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vendredi 11 janvier 2008

Cent mille

Le cap des 100.000 clients au prix de marché est franchi: 60.000 clients gaz pour EDF et 46.000 (1) clients électricité pour Gaz de France. Le marché de l'énergie est encore balbutiant mais il se confirme que la bataille se joue pour l'instant entre les fournisseurs historiques.




L'autre fait marquant de la semaine est l'adoption du principe de réversibilité.
Tout client déçu par le marché pourra demander à bénéficier d'un droit de retour aux tarifs réglementés au bout de six mois. Cette réversibilité ne vaut que pour l'électricité et ne concerne que les clients domestiques. Pour le gaz, le changement est néanmoins significatif: en cas d'emménagement, un nouvel occupant peut revenir aux tarifs réglementés abandonnés par son prédécesseur dans les lieux, et ce, jusqu'au 1er juillet 2010. Pour les logements neufs, chacun pourra choisir entre tarifs réglementés et prix de marché pour l'électricité et pour le gaz.

La réversibilité totale pour l'électricité, mesure réclamée depuis plusieurs mois par la FNCCR, devrait permettre à la fois de fluidifier le marché (en rassurant les consommateurs) et de pérenniser les tarifs réglementés, à la fois comme référence pour les offres aux prix de marché et filet de sécurité pour les consommateurs.





Consulter la loi sur la "réversibilité".


(1) Compte-tenu des chiffres publiés par eRDF, ceux de Gaz de france doivent inclure des "basculements" au 1er février 2008.

mardi 8 janvier 2008

Réversibilité, acte III: le Tartam invité surprise

Sans surprise, le Sénat a adopté la proposition de loi votée par l'Assemblée nationale le 12 décembre dernier, en corrigeant le bug juridique révélé par la FNCCR. Tous les consommateurs particuliers pourront donc, après un délai de 6 mois, retrouver les tarifs réglementés s'ils sont déçus par les offres au prix de marché. Ce délai ne s'applique pas à ceux qui déménagent.

En revanche, le Sénat a exclu du dispositif les petits professionnels et rejeté (de justesse) un amendement visant à prolonger la durée de validité du tarif transitoire d'ajustement au marché (Tartam). Pour ce dernier, le gouvernement s'y est engagé, un bilan devra être établi avant fin 2008, sans doute en septembre prochain. Luc Chatel n'exclut pas la prorogation du Tartam.

C'est la petite surprise de ce débat: l'irruption inattendue du Tartam. Le débat s'ouvre à nouveau, attendons la suite.

A également été rejeté un amendement visant à permettre le retour aux tarifs réglementés du gaz pour les fouyers tenus de souscrire des offres au prix de marché depuis le 1er juillet 2007 (logements neufs ou nouvellement raccordés).


On notera cette question fort intéressante posée lors du débat par Gérard Longuet: "l'Etat sera actionnaire de deux sociétés concurrentes (EDF et Gaz de France - Suez). Comment va-t-il gérer cette schizophrénie?"


Consulter la "petite loi".

lundi 7 janvier 2008

La réversibilité mise en pratique?

Sans préjuger du vote des sénateurs puis des députés, l'adoption probable d'une loi permettant la réversibilité, c'est-à-dire la possibilité de résilier une offre au prix de marché pour retrouver le bénéfice du tarif réglementé pourrait poser quelques petits problèmes pratiques.

La difficulté ici est celle du délai minimal entre la résiliation du contrat au prix de marché et le bénéfice d'un nouveau contrat au tarif réglementé. La proposition de loi prévoit aujourd'hui un délai de 6 mois; au Sénat, des amendements prévoient de le réduire à trois mois. Or, tous les fournisseurs offrent à leurs clients la possibilité de résilier leur contrat à tout moment sans frais, ce qui est conforme à l'article L121-89 du Code de la consommation. Supposons qu'un client mécontent de son fournisseur le quitte au bout de deux mois: il devra attendre 4 mois pour bénéficier des tarifs réglementés. Qui s'occupera de lui durant ces quatre mois ? Le fournisseur qu'il vient de quitter ? EDF qui, dans l'impossibilité juridique de lui proposer les tarifs réglementés, le ferait patienter quelques semaines avec son offre au prix de marché ?

Et si le premier effet de la loi sur la réversibilité était de contraindre le législateur à supprimer la résiliation à tout moment sans frais? Et de pousser les fournisseurs à proposer, de manière assez indéchiffrable pour le consommateur, la résiliation à tout moment sans frais pour une autre offre au prix de marché et la résiliation dans un délai de 6 mois pour les offres au tarif réglementé?

jeudi 3 janvier 2008

2008, le grand public découvre l'unbundling

Souvenez-vous, c'était en 1998: quelques professeurs Tournesol dans le secret de leurs officines psalmodiaient des acronymes sibyllins et des noms mystérieux d'un air sentencieux: ADSL, VOIP, Google, SMS, fibre optique... Quelques mois, quelques années après, c'est tout juste si ces mots-là ne sont pas entrés dans le dictionnaire et les jeunes générations découvrent avec stupéfaction que chez Marivaux on flirtait sans s'envoyer des textos.

En 2008, l'énergie va nous obliger à cette même tempête sous un crâne. 2008 sera la découverte par le grand public de la séparation des activités de fourniture et de distribution. Oh, bien sûr, cela ne sera pas immédiat et l'apprentissage sera progressif, au gré des changements: déménagement, construction, changement de chauffage... Alors, au lieu d'appeler EDF-GDF, il faudra se tourner vers les fournisseurs qui feront appel aux distributeurs.

Ca y est, ça se complique?

Vous avez bien lu, il y a d'un côté des fournisseurs, de l'autre des distributeurs.

Commençons par les fournisseurs: EDF, Gaz de France, mais aussi Altergaz, Alterna, Direct-Energie, Enercoop, GEG, Planète UI, Poweo... La liste complète est ici.
Leur métier: vous fournir de l'énergie (gaz ou électricité, parfois les deux). C'est-à-dire la produire ou l'acheter puis vous la vendre. C'est vieux comme le monde, c'est du commerce tout simplement.

Mais l'énergie, il faut aussi qu'elle arrive chez vous. Pour cela, elle est acheminée par des réseaux: les poteaux électriques ou les canalisations de gaz. C'est là que ça se complique. Deux minutes d'attention s'il vous plaît.

C'est ici qu'interviennent les distributeurs. En France, il y en a principalement deux. Ce sont des filiales d'EDF et de Gaz de France. Depuis le 1er janvier, ils ont un nom et un logo propres.

Pour l'électricité, le distributeur se nomme eRDF (Electricité réseau de distribution France).

Et voici son logo:


Pour le gaz, le distributeur se nomme GrDF (Gaz de France réseau de distribution).

Et voici son logo:


Que font-ils? Ils acheminent l'énergie sur les réseaux jusqu'à votre domicile (1). Ils le font à la demande de votre fournisseur, quel qu'il soit. Ca veut dire que votre fournisseur, qu'il s'appelle EDF, Poweo ou Alterna, devra faire appel à eRDF pour vous fournir de l'électricité. C'est compliqué, forcément, mais on a des années pour s'y habituer. L'avantage aussi, c'est que vous n'aurez pas à faire appel à eRDF ou GrDF (sauf en cas d'incident grave) parce que votre fournisseur s'occupera de tout pour vous.

C'est toujours aussi compliqué? Non? Tant mieux car on va compliquer encore.

Les réseaux exploités par eRDF et GrDF appartiennent aux collectivités locales. C'est-à-dire à votre commune ou à votre département. Le plus souvent, il s'agit de communes regroupées dans un syndicat intercommunal à l'échelle du département. Et ces syndicats intercommunaux contrôlent qu'eRDF et GrDF font bien leur travail. Allez, un schéma pour visualiser tout ça. Et, comme ces réseaux appartiennent depuis toujours aux collectivités locales, c'est le seul élément qui ne change pas dans tous ces bouleversements.

Voilà, il faudra peut-être plus d'une année pour assimiler ces changements. Mais, c'est une certitude, l'unbundling (la séparation des activités pour traduire vite) va entrer progressivement dans les moeurs.



(1) Attention, il y a deux types de réseaux: les réseaux de transport et ceux de distribution. Les premiers appartiennent à RTE pour l'électricité et à Gaz de France transport pour le gaz. Les seconds sont propriété des collectivités.

 
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