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vendredi 30 novembre 2007

Payer son électricité par SMS?

EDF proposera prochainement le paiement des factures par SMS, sans doute le 1er janvier prochain. Entre mars et juin dernier, une expérimentation de ce mode de paiement, encore peu utilisé en France, a été menée par la Direction commerciale particuliers et professionnels (DCPP) d'EDF en Rhône-Alpes et Auvergne. Le but de ce test était double:
- vérifier le bon fonctionnement technique des circuits financiers,
- mesurer l’attractivité du service auprès des clients qui refusent le prélèvement automatique (principale cible visée).

Pour Samuel Brodier, chef de produit à la Direction Marketing de la DCPP, l'expérimentation a porté ses fruits: "Notre objectif était de convaincre les clients qui refusent le prélèvement automatique, pour supplanter les TIP et les chèques". Ce mode de gestion est à la fois lourd et lent, les clients rétifs au prélèvement ayant l'habitude de payer tardivement. Et ce sont eux la cible visée puisque, s'ils refusent le prélèvement, ce mode de paiement leur sera aussitôt proposé. Avec succès, au vu de l'expérience en Rhône-Alpes. "Ce service a beaucoup plu puisque 30 % des clients à qui on l’a proposé l’ont adopté. L'avantage, c'est que cela donne au client qui n'a pas opté pour le prélèvement automatique de payer quand il le veut. En fait, il s'agit d'un prélèvement sur ordre."

Résultats satisfaisants donc. Aussi la généralisation du paiement par SMS est-elle sur les rails. Le service est en cours de déploiement auprès de l’ensemble des 6.000 conseillers EDF Bleu Ciel jusqu’à fin décembre. Ceux-ci disposeront d'une interface web destinée à entrer les coordonnées téléphoniques et le RIB des clients qui opteront pour ce service.

Comment ça marche?
Dès l'inscription, après saisie de ses coordonnées, EDF lui envoie un SMS de confirmation.
Pour le paiement, quelques jours après la réception de sa facture à domicile, le client reçoit un SMS lui proposant le règlement (de type: "Vous avez choisi le paiement par SMS, répondez simplement EDF pour payer votre facture de ... euros" - le tout en 160 signes). Il lui suffit de répondre par un autre SMS en tapant "EDF" pour autoriser le paiement. Suivent alors deux accusés de réception (par SMS et par mail). Le compte est débité 48h après. Ce mode de paiement sera gratuit, hors le coût du SMS lui-même (lequel est moins cher qu'un timbre). Compte-tenu des réactions pas toujours favorables en Belgique (où le service de paiement m-banxafe par SMS suppose un surcoût de 0,25€), EDF a sans doute raison d'opter pour la gratuité. Un SMS surtaxé pour une facture, ça fait mauvais genre.

Le client sera libre de se désinscrire à tout moment. Il lui suffira de taper "STOP" au prochain SMS qu’il recevra d'EDF.

Ce service sera d'abord limité aux seuls particuliers. Les professionnels devront patienter jusqu'en 2009, pour des raisons techniques - les deux types de clientèle sont gérées par des systèmes informatiques différents.

L'offre d'EDF sera donc suivie avec autant d'attention que celle de la SNCF. Si elle rencontre autant de sucès au niveau national que régional, cela prouvera que les consommateurs sont rassurés sur la fiabilité du système. Une bonne nouvelle pour le m-paiement.

Payer par SMS, comment, pourquoi?
Energie2007 a interrogé Laurent Bailly, directeur des offres et du business développement des marchés des télécoms et des médias, chez Atos Worldline, filiale d'Atos Origin.
"Ce type de paiement est en fait davantage un mode d'alerte où le prélèvement automatique est conditionné à l'accord du client. On peut imaginer un SMS rédigé ainsi: “Monsieur Martin, votre facture pour octobre-novembre est de 135 euros, pour autoriser le paiement veuillez répondre “OUI” à ce message.” On peut imaginer aussi que cela soit validé par un code PIN, mais ce n'est pas une obligation puisqu'il s'agit simplement de confirmer un mode de paiement déjà accepté au préalable. Il est possible aussi qu'EDF, dans son texto, indique soit un n° de client, soit un autre élément, comme un cryptogramme, qui confirme la provenance du message. Ce qui importe ici, c'est de donner au client le sentiment qu'il contrôle son prélèvement automatique, puisqu'il peut décider de le valider tout de suite ou un peu plus tard. L'idée d'EDF est sûrement de convaincre des clients réticents au prélèvement parce qu'ils craignent que la date choisie puisse leur poser un problème de trésorerie. Pour l'entreprise, le but est de les faire migrer vers un système plus avantageux en termes de gestion. Dans tous les cas, il faudra payer la facture!"

En savoir plus sur le m-paiement: interview de Laurent Bailly sur le Journal du Net.
Lire aussi: 2008, année du décollage pour le paiement par mobile? (ZDNet).


Le paiement par SMS en zones blanches (Quentin Metsys).

lundi 26 novembre 2007

Vivement la réversibilité!

Si vous êtes locataire, peut-être, sans doute avez-vous reçu un courrier comme celui-ci ces dernières semaines.

En soi, ce type de courrier est-il valable? Juridiquement, la question n'est pas tranchée. Mais on voit mal comment un propriétaire peut s'immiscer dans un contrat auquel il est parfaitement étranger.

La loi ne pouvant mal faire, faire jouer son éligibilité ne peut constituer en soi un préjudice. Même si des hausses peuvent être escomptées tendanciellement pour les prix de marché, un propriétaire ne peut aujourd'hui évoquer le surcoût à louer un bien devenu éligible.

La question n'est pas forcément de savoir s'il est possible d'interdire ou d'autoriser son locataire à changer ou non de fournisseur. En l'occurrence, l'agence Inter immobilier prétend graver dans le marbre un vide juridique. Une telle clause pourrait être considérée comme abusive, donc nulle et non avenue, par la juridiction compétente.

Vient ensuite la question des pénalités financières. Poser la question des pénalités suppose qu'on ait déjà répondu "oui" à deux questions:
- celle du préjudice subi par le propriétaire,
- le lien entre ce préjudice et l'exercice de l'éligibilité.

Ce qui ne va pas de soi.

Il faudrait ensuite estimer la valeur de ce préjudice. Fonder sur la valeur vénale d'un bien l'indemnisation d'un tel préjudice qui n'a pas de rapport ou de lien financier avec la valeur du bien (traduction: la facture d'électricité et/ou de gaz est indépendante) est pour le moins contestable. Sans oublier que 5% de la valeur du bien, ça fait un peu beaucoup. On imagine, a contrario, la tête du propriétaire si son locataire, en renonçant, craché juré, à changer de fournisseur lui demandait un dédommagement à hauteur de 5% du loyer...

Notre conseil:
- locataires, ne signez pas de telles modifications générales de votre bail!
- propriétaires, ne proposez pas de telles modifications générales à vos locataires!


Reste le fond du message: "gardez les tarifs réglementés!" qu'Energie2007 ne peut qu'approuver. On voit bien l'urgence d'une loi permettant la réversibilité totale, pour permettre à chacun de choisir (et éventuellement de pouvoir se tromper) son fournisseur. Et, comme c'est le cas ici, sans envenimer les relations entre propriétaires et locataires qui, au vu de la lettre ci-dessus, ne sont pas forcément de la plus franche camaraderie.

            

vendredi 23 novembre 2007

Séparation géographique des activités

En attendant la séparation juridique des activités de fourniture et de distribution (1er janvier 2008), la séparation géographique des activités de représentation est-elle à l'ordre du jour? Au salon des maires et des collectivités locales (SMCL), ce n'était pas si évident. Petite démonstration vidéo...




Pour résumer, Gaz de France et Gaz de France réseau de distribution ont deux stands. Voici celui de la maison-mère.



Et celui du gestionnaire du réseau de distribution.


Deux stands, l'un en face de l'autre, mais distincts et séparés par une moquette bleue. Une vraie frontière symbolique, même si l'identité visuelle de Gaz de France réseau de distribution a encore des efforts à faire pour s'affranchir de ses origines...

Chez EDF, c'est bien plus flou... EDF et ERD s'affichent sans complexe, l'un en face de l'autre, dans un même espace en camaïeu (tons bleus à violet). Il y a bien une allée centrale mais la "frontière" est tout sauf évidente.



Pour la petite histoire, EDF aurait obtenu du SMCL un stand unique, tandis qu'à Gaz de France et Gaz de France réseau de distribution, le SMCL aurait imposé deux stands distincts. Idem pour Suez et Suez environnement... A noter que, installé à quelques mètres de là, le stand RTE avait, lui, bien coupé le cordon. Logo compris.

mardi 20 novembre 2007

Le jeu des 7 erreurs

Attention, c'est pas facile...

Première vignette : EDF Bleu ciel.

Deuxième vignette: Peugeot blue lion (on espère qu'ils ont eu droit à une ristourne).

Les meilleures réponses gagnent un an d'abonnement gratuit à Energie2007.

Merci à Havas et ses filiales pour leur contribution - qu'on espère involontaire sans y croire un instant.

lundi 19 novembre 2007

Denis Merville : "Comme élu, j'ai une bonne pratique de la médiation."

Enfin le Médiateur ! Après publication des décrets relatifs à ses missions puis à son budget, le Médiateur national à l'énergie a été nommé le 5 novembre dernier. Il s'agit de Denis Merville, qui a accordé un entretien à Energie2007.


Energie2007: vous venez d'être nommé médiateur. Comment appréhendez-vous cette nouvelle fonction?
Denis Merville: C'est un poste qui sera difficile et exigeant. Tout est à mettre en place. Les textes viennent à peine de sortir... Il faut trouver des bureaux, recruter une équipe, mettre en place les circuits administratifs... Bref, toute une logistique qui n'existe pas aujourd'hui. Pour commencer, j'ai besoin d'un agent comptable sans lequel rien n'est possible. Je viens d'en discuter avec la Dideme.

Energie2007: Pour votre équipe, quels types de profils envisagez-vous?
Denis Merville: Elle sera composée de personnes qui ont une excellente connaissance du marché de l'énergie. Il n'est pas impossible qu'y entrent des personnes qui viennent de la CRE, par exemple. Aux côtés de ces "experts" (a priori 2 postes à temps plein), il y aura aussi un secrétaire général et, bien sûr, un secrétariat. Ce sera vraisemblablement une organisation centralisée, au moins au début. En ce moment, je reçois des CV....

Energie2007: Que trouvez-vous en arrivant? Des plaintes en souffrance?
Denis Merville: Il y en a quelques unes, qui ont été adressées soit à Jean-Claude Lenoir, soit au ministère de l'Industrie ou à la CRE. Mais ce sont surtout des demandes d'information; il y a eu peu de véritables contentieux. N'oubliez pas que le médiateur est une instance en appel après épuisement des autres voies de recours.

Energie2007: Quel est votre programme ?
Denis Merville: D'abord, rencontrer les associations de consommateurs... dès que j'aurai un bureau et un téléphone, pour savoir comment elles abordent la fonction et quelles sont leurs attentes. Ensuite, sans doute début 2008, si la "réversibilité" est adoptée par l'Assemblée nationale, il faudra mettre en place un dispositif pour informer les consommateurs. Pour l'instant, presque personne n'a changé de fournisseur. La "réversibilité" pourrait changer la donne.

Energie2007: Vous n'étiez pas le "favori" des associations de consommateurs...
Denis Merville: J'aborde cette fonction de manière très ouverte. Un journaliste m'a dit, surpris :"mais vous ne venez pas d'EDF!" C'est vrai que mon profil est plus tourné vers l'environnement que l'énergie mais cela m'a appris la fonction de médiation! Comme élu, j'ai l'habitude, depuis plus de 25 ans, d'instances de conciliation avec des associations de protection de l'environnement ou de défense des consommateurs! J'ai présidé Air normand, je siège à l'Agence de l'eau... Je crois que ce qui compte d'abord pour un poste comme celui de médiateur, c'est l'indépendance d'esprit.

Energie2007: Vous avez un budget de plus de 4 millions d'euros... pour 2007. Allez-vous tout utiliser?
Denis Merville: La Caisse des dépôts tient cette somme à disposition mais il n'y a aucune obligation de tout dépenser en 2007! Le budget du Médiateur n'est pas tenu à l'annualité budgétaire. C'est donc reportable. Et n'oubliez pas que je n'ai pas encore d'agent comptable.

jeudi 15 novembre 2007

Thermographie à infrarouge dans la Vienne

Si réduire la consommation énergétique des français est devenu un enjeu national, c'est sans doute par les initiatives à l'échelle locale que seront obtenus les meilleurs résultats. Pour sensibiliser ses habitants à la déperdition thermique de l'habitat (toitures et façades), la Communauté de communes du Mirebalais (département de la Vienne) a lancé une opération de thermographie aérienne infrarouge en mars 2007, opération à laquelle le Syndicat intercommunal d’électricité et d’équipement du département de la Vienne (SIEEDV) a activement contribué.

Comment ça marche?
La thermographie infrarouge est une technique qui mesure les températures grâce à une caméra thermique dont les résultats se présentent sous forme de "thermicartes" affichant le niveau de déperdition de chaleur. Ces déperditions sont symbolisées par une palette de six couleurs pour les toitures (de bleu pour une faible déperdition à rose pour une déperdition excessive). Les déperditions des façades sont signalées par des triangles rouges pleins (déperdition importante) ou creux.

Plusieurs opérations de thermographie aérienne ont été menées à Dunkerque, Gap, Reims, Douai... Mais, en milieu rural, il s'agit d'une première.

Déroulement de l’opération
La Communauté de communes du Mirebalais a opté pour la thermographie aérienne et fait survoler son territoire (11 communes) par un hélicoptère qui a permis d’enregistrer plusieurs milliers d’images numériques. L'appareil a survolé 4.000 logements entre janvier et février 2007, à une altitude d'environ 500 mètres. Seule difficulté: "le climat, plutôt doux durant l'hiver, indique Emmanuel Julien, directeur du SIEEDV, nous a obligés à reporter plusieurs fois l'opération". Une société spécialisée dans la thermographie aérienne, Cerene, a été mandatée à cet effet. Le coût global (180.000 €) a été réparti entre l’Ademe et la Région ( 72.000 € ), le Conseil général de la Vienne (45.000 €), le SIEEDV (45.000 €) et Sorégies (18.000 €). Le 19 septembre, les habitants des communes concernées ont pu visualiser les résultats globaux de l’opération et peuvent désormais mesurer, individuellement, la déperdition thermique de leurs logements. Les initiateurs du projet ont, depuis, présenté un dispositif d’accompagnement à la réalisation des travaux: aides au financement de la rénovation (par l’Etat, la région, le département, la communauté de communes et Sorégies) et conseils énergétiques.

Visualiser les pertes types d'une maison non isolée.

mardi 13 novembre 2007

Réversibilité is back!

La réversibilité devrait être bientôt en débat à l'Assemblée nationale.

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lundi 12 novembre 2007

L'Etat schizo: notes de lecture

L'Etat schizo: le titre du livre de Martine Lombard est alléchant. Rédigé d'une plume alerte, sa lecture est stimulante.

En dépit de quelques approximations (Enercoop devient Altercoop, page 97) et du fait qu'il épouse un peu trop le point de vue d'EDF, le chapitre consacré à l'électricité (EDF bâillonnée) est plus qu'intéressant.

Martine Lombard revient sur le calendrier français de l'ouverture à la concurrence. Le Sommet de Barcelone d'abord: lorsque la décision de principe est adoptée, il y a alors "une situation de surcapacité structurelle de production d'électricité dans une large partie de l'Europe". Situation appelée, on le sait depuis, à ne pas durer, ce qui lui fait dire que si les partcipants à ce sommet "avaient quelques excuses", ils ne se sont "pas montrés particulièrement visionnaires".
Comme la hausse des prix se profile, pour la France, il s'agit de combiner ses engagements européens avec la garantie d'une facture modérée. Une stratégie d'évitement se met en place avec, le vote de lois "dans la plus grande improvisation". Celle du 7 décembre 2006 garantit le maintien des tarifs réglementés. Censurée par le Conseil constitutionnel, cette disposition ne passe pas "inaperçue (des) milieux boursiers". Tandis que l'action EDF s'envole, l'Etat actionnaire intervient à nouveau "pour cadenasser le système". La loi du 5 mars 2007, votée à l'unanimité, garantit à nouveau les tarifs réglementés - nul alors ne s'avise d'en "soumettre le moindre article (...) au Conseil constitutionnel".

Martine Lombard examine également la contribution au service public de l'électricité (CSPE), prélevée sur "les factures à hauteur de 3%". Elle estime que son "mode de financement peut se discuter, puisqu'il est aussi injuste que la TVA", chacun y contribuant en fonction de ses besoins et non de ses capacités. Et, comme elle est plafonnée pour les très gros consommateurs, "c'est une façon très discrète de faire subventionner les entreprises par les particuliers".
Surtout, après avoir rappelé les composantes de la CSPE : énergies renouvelables, péréquation géographique, tarifs sociaux, l'auteur s'étonne que les tarifs réglementés ne soient pas considérés comme une charge de service public. "C'est juste un manque à gagner que le gouvernement et le Parlement ont décidé de faire subir à EDF (...) pour que les Français ne se rendent pas compte des effets de l'ouverture à la concurrence." Notant cependant qu'en raison de ces tarifs extrêmement bas, "aucun producteur étranger n'est assez fou" pour disputer à EDF son pré-carré hexagonal.

Soulignant le paradoxe qui consiste à demander à EDF de vendre sa production à bas prix (voir notre billet consacré au jugement provisoire du Conseil de la concurrence sur l'offre au prix de gros d'EDF) pour permettre à ses concurrents de faire des offres compétitives, elle estime qu'il s'agit d'un moindre mal si "cela peut lui éviter le scénario de la vente à la découpe". Elle plaide pour le maintien d'EDF dans le secteur public, craignant que les centrales nucléaires d'EDF ne soient considérées à terme comme une "facilité essentielle". ce serait un scénario "tellement cauchemardesque pour EDF que certains en seraient presque à préférer que l'Etat continue à céder en bourse ses actions."

  

L'Etat schizo, Martine Lombard, JC Lattès, 17,50 €.

vendredi 9 novembre 2007

Wikipedia a enterré Gaz de France

Attention: après publication de cet article (et une dépêche AFP), vers 14h00, Wikipedia a rectifié la page GDF Suez. Mais elle est toujours préservée ici en format PDF. Ce qui suit dessous est donc à lire comme le témoignage de la disparition de Gaz de France (sur Wikipedia) entre le 20 septembre et le 9 novembre.


On n'arrête plus le zèle de Wikipedia. Cette fois, il n'est plus question de vérifier ou non la fiabilité de l'encyclopédie en ligne mais simplement de constater sa capacité à effectuer d'étonnants sauts spatio-temporels.

                                   

Sur le site français de Wikipedia, Gaz de France n'existe plus.
En cherchant GDF ou Gaz de France, l'internaute est automatiquement redirigé vers GDF Suez. Nouveau logo à l'appui.

  • On y trouve des morceaux de bravoure comme : Gdfsuez est un groupe énergétique français spécialisé dans le transport et la distribution de gaz naturel. Ou encore: Son appellation historique et coutumière « GDF » n’est plus officielle. Les salariés de Gaz de France apprécieront. Ceux de Suez constateront que les métiers de leur groupe ont purement et simplement disparu.
  • A la fin de l'article, figurent les logos de Gaz de France, de Suez et du futur groupe GDF Suez, accompagné de ce commentaire qui fleure délicieusement l'oxymore: Logo actuel après la fusion GdfSuez.
  • Comme Wikipedia a quelques mois d'avance, ses contributeurs ont eu la judicieuse idée de nous livrer le détail du Comité exécutif de GDF Suez. En fait celui de Gaz de France aujourd'hui où ne figure personne du groupe Suez.
  • Bien sûr, pour l'article GDF Suez, le site internet de référence est celui de Gaz de France. A noter que celui du ''futur actuel'' groupe est en travaux.
  • Dans l'article figure cette sentence qui tranche avec la neutralité dont se prévaut l'encyclopédie en ligne : Or, une telle fusion équivaut à une « privatisation déguisée » de Gaz de France.. A tout le moins, il aurait aussi fallu parler de la « nationalisation déguisée » de Suez qui suscite des interrogations en Belgique.

A quoi faut-il attribuer cette disparition de Gaz de France? Un acte militant? Une maladresse? L'historique de la page montre qu'il s'agit d'un simple renommage, en date du 20 septembre, et que celui-ci n'a guère fait débat. Un seul contributeur s'est étonné que Wikipedia soit devenue Madame Irma : Je ne pense pas que le renommage est bienvenu ! Il faut garder un article qui concerne "Gaz de France" !! Et en faire un nouveau pour le nouveau groupe (qui n'est même pas encore créé). C'était le 1er octobre. Personne ne lui a répondu.

PS1: Curieusement, Suez a conservé son autonomie. Et le projet de fusion y est encore bloqué au 1er juillet 2007.

PS2: Curieusement, Gaz de France est toujours disponible sur la Wikipedia anglophone. Question de décalage horaire, sans doute.

mercredi 7 novembre 2007

Conditions générales de vente et Code de la consommation

Ce n'est pas une étude exhaustive, simplement un survol. Pourtant, l'examen des conditions générales de vente de fournisseurs d'énergie apporte déjà quelques enseignements. Les articles L 121.87, L 121.88, L 121.89 et L 121.90 du Code de la consommation sont mal ou pas respectés. Et puis, ça et là, quelques clauses supplémentaires contreviennent aux décisions du législateur. Petite revue de détail.

Information sur l'irréversibilité de la renonciation au tarif réglementé
Cette mention obligatoire figure presque partout. Mais, dans leurs conditions générales de vente, Alterna et Gaz de France la négligent.

Contrats: le CDI (contrat à durée illimitée) a la faveur des fournisseurs...
Or la loi leur impose de proposer un CDD (contrat à durée déterminée ou limitée) d'un an. Libre à eux ensuite de proposer des CDD d'une durée différente, sans oublier les CDI. Mais le CDD d'un an est une obligation. "Oubliée" par Alterna, EDF (prix de marché), Enercoop, Planète Ui et Poweo.

Résiliation: pas de pénalités mais des frais...
Pour que changer de fournisseur soit le moins contraignant possible, le législateur interdit les pénalités. Mais les fournisseurs peuvent appliquer des frais sous trois conditions: les frais doivent être prévus dans l'offre; ils doivent correspondre aux coûts effectivement supportés par le fournisseur au titre de la résiliation; ils doivent être dûment justifiés. (article L 121.89 du Code de la consommation). Distinction subtile... mise à profit par certains. Un fournisseur comme Planète UI prévoit une pénalité de 30 € TTC si le client résilie son contrat dans une première période de six mois... Du côté de Gaz de France, c'est le flou : des frais de résiliation sont prévus mais nulle trace de leur justification... Lorsqu'il change de fournisseur, toujours dans le but de faciliter les changements, le client n'a pas à prévenir son ancien fournisseur: le nouveau s'occupe de tout. Or, surprise, certains fournisseurs (Altergaz, EDF (prix de marché), Poweo) demandent à leurs clients de les prévenir s'ils souhaitent changer de fournisseur. Les nuances existent: Electrabel dit au client qu'il pourra informer (et non pas "devra"). Et Gaz de France n'hésite pas à exiger une lettre recommandée....

Modification du contrat
Si la loi (article L 121.90 du Code de la consommation) prévoit un délai de prévenance d'un mois assorti de deux mois de réflexion pour une éventuelle résiliation, force est de constater qu'elle est peu connue des fournisseurs: Alterna, Direct Energie, EDF, Enercoop, Planète Ui et Poweo négligent d'informer leurs clients de ce délai de réflexion. Songeant sans doute qu'il n'en a pas besoin puisqu'il peut résilier à tout moment...


Péchés véniels ? Sans doute. Le marché s’ouvre juste à la concurrence et les fournisseurs, comme les consommateurs, cherchent encore leurs marques. Mais il y a là quelques manquements réels qui appellent une vigilance accrue des consommateurs. Peut-être une note interprétative de la DGCCRF permettrait-elle de lever le voile sur certains points obscurs de la nouvelle section 12 du Code de la consommation (Articles L121-86 à L121-94) se rapportant aux contrats de fourniture d'électricité ou de gaz naturel?

mardi 6 novembre 2007

Fabien Choné: conjuguer les avantages du nucléaire et de la concurrence

En juin, saisi par Direct-Energie, le Conseil de la Concurrence a pris des "mesures conservatoires" relatives à l'offre de gros d'EDF. Dans l'attente du jugement sur le fond, Direct-Energie avait salué ce jugement susceptible de "déverrouiller le marché de la fourniture d’électricité aux petits consommateurs (professionnels et particuliers)". Le 19 juillet, EDF a fait une offre de gros, jugée "sérieuse" par la plupart des acteurs. Cette offre se situe à 36 euros le mégawattheure jusqu'en 2010. Mais, à partir de 2011, EDF propose un prix de 45-47 euros le mégawattheure (intégrant le coût de développement de la centrale nucléaire de Flamanville).

Fabien Choné, Directeur général délégué de Direct-Energie, a fait le point avec Energie2007 sur cette fameuse offre de gros.


Energie2007: Où se situe le problème pour les prix de gros?
Fabien Choné: Aujourd'hui, les prix de gros se situent entre 50 et 60 € le mégawattheure pour la base. Cela correspond aux productions fossiles. Selon les indications de François Loos lorsqu'il était ministre de l'Industrie au début 2007, le niveau de la base pour le tarif bleu, assis sur le parc de production nucléaire, était de 32,2 € le mégawattheure. On voit bien qu'il y a un gros problème de "ciseau tarifaire". Et, dans les deux branches du ciseau, celle qui est défaillante, c'est la branche du haut!

Energie2007: Concrètement, toujours en termes de prix de gros, que visez-vous?
Fabien Choné: Pour le tarif réglementé, le contrat de service public prévoit son indexation sur les coûts marginaux de long terme - c'est-à-dire le développement et le renouvellement du parc nucléaire. Aujourd'hui, EDF évoque les coûts du futur EPR de Flamanville. mais soyons clairs: on ne va pas tout renouveler avec des têtes de série! C'est comme si l'on disait que toutes les voitures d'une gamme devaient être vendues au prix de revient de la première d'entre elles: ça coûterait monstrueusement cher! Il serait plus légitime que le prix de l'offre de gros reflète les vrais coûts de développement, comme ceux qui servent de référence pour les tarifs réglementés.

Energie2007: Vous avez porté plainte devant le Conseil de la Concurrence. Où en est-on?
Fabien Choné: Le dossier est toujours en cours d'instruction. Nous ne pouvons donc le commenter.

Energie2007: Quelle est votre position sur l'irréversibilité*?
Fabien Choné: On partage l'avis général: un marché où l'abandon du tarif réglementé est irréversible n'est pas légitime. Dans les pays européens où coexistent prix de marché et tarifs réglementés, nous sommes le seul où l'abandon des tarifs est irréversible. La réversibilité est nécessaire pour que le marché fonctionne. Mais à condition que les offres de gros soient cohérentes avec le niveau des tarifs réglementés, permettant ainsi à la concurrence de se developper, sinon l'ensemble ne sera toujours pas eurocompatible. La France a fait le choix de la filière électro-nucléaire: cet avantage doit se conjuguer avec les avantages de la concurrence.

Energie2007: Allez-vous proposer une offre gaz aux particuliers?
Fabien Choné: Oui. Nous avions prévu de le faire pour le 1er juillet 2007 mais, compte tenu des difficultés rencontrées sur le marché de l'électricité, nous avons dû la différer. Cette offre sera lancée en 2008.... une fois les difficultés du marché de l'électricité réglées.

Energie2007: En électricité, quels sont vos objectifs?
Fabien Choné: Aller vite.

* En cas de changement de fournisseur ou d'offre, le consommateur renonce aux tarifs réglementés de manière irréversible.

 
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