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mercredi 31 octobre 2007

Bondy: questions sur les travaux

Un mort, plus de cinquante blessés, dont plusieurs dans un état très grave, deux voire trois disparus: l'ampleur du drame survenu hier, mardi 30 octobre, à Bondy pose inévitablement des questions.

Les plans
Surtout lorsqu'un entrepreneur met en cause la fiabilité des plans fournis par les concessionnaires (Gaz de France, EDF, Veolia...) au moment d'entreprendre des travaux. Dans le cas précis de Bondy, "les plans étaient fournis au 1/200ème, indique un observateur - qui tient à son anonymat. Ce sont donc des plans précis". Hélas, lorsqu'on conduit une pelleteuse, la précision n'est pas toujours de mise. "Y avait-il un grillage d'avertissement? Si oui, a-t-il été vu ou pas?"

En conséquence, poursuit cet observateur toujours anonyme, "les entrepreneurs sont plutôt mal placés pour faire ce type de remarques: depuis quelques années, les agressions sur les canalisations de gaz ont été multipliées par deux." Première explication : il y a de plus en plus de travaux (réseaux de télécommunications, remplacement de canalisations d'eau et d'assainissement...). Mais il y a aussi de plus en plus de sous-traitance. "Si le chef de chantier a le plan, ça ne veut pas dire que celui qui conduit la pelleteuse l'a !"

Déclaration de travaux
Pour entreprendre des travaux "à proximité d'une canalisation de produits chimiques, gaz naturel, ou hydrocarbures liquides et liquéfiés", il convient "de se renseigner sur l'existence des canalisations de transport en mairie, d'adresser une demande de renseignements aux exploitants des canalisations" et d'envoyer une Déclaration d'intention de commencement de travaux (DICT) à chaque exploitant de canalisation (décret n°91-1147 du 14 octobre 1991). Selon les informations disponibles aujourd'hui, il semblerait que cette DICT ait été effectuée dans les temps.

Ce n'est pas toujours le cas. Régulièrement, des travaux sont entrepris sans DICT... De fait, ce n'est pas un hasard si la loi du 7 décembre 2006 a durci les sanctions contre de telles pratiques, "certaines pouvant aller jusqu'au pénal". La loi prévoit jusqu'à 25.000 € d'amende en cas d'absence d'envoi de DICT et une "peine de six mois d'emprisonnement (assortie) d'une amende de 80.000 €" en cas d' "atteinte à un ouvrage de transport ou de distribution de gaz de nature à mettre en danger la sécurité des personnes et des installations ou la protection de l'environnement a l'obligation de la déclarer à l'exploitant de l'ouvrage. »''

Interruption du gaz
Entre l'explosion, peu avant 14 heures, et la coupure effective du gaz (vers 15h30, il s'est écoulé plus d'une heure et demie. Ecoutons à nouveau notre anonyme: Gaz de France a "écrasé le branchement qui fuyait", ce qui était une solution plus rapide que de "couper l'alimentation bien en amont. Comme il s'agit d'une canalisation moyenne pression, à 4 bars, il aurait de toute façon fallu beaucoup de temps pour que le gaz s'évacue."

Reste qu'une heure et demie, c'est long. A-t-on prévenu Gaz de France à temps? Où était l'équipe d'intervention la plus proche? Le groupe gazier indique qu'il s'agit de "décisions prises sur place, en collaboration avec les pompiers (et que) les faits seront établis durant l'enquête".

mardi 30 octobre 2007

Gaz de France annonce 10.500 clients en électricité

Gaz de France est bien le grand gagnant de l'ouverture des marchés de l'électricité à la concurrence. En marge de l'annonce de ses résultats trimestriels, le gazier a indiqué avoir conquis 10.500 clients particuliers pour son offre d'électricité aux prix de marché, soit environ près de 80% du total. Pour le gaz, 7.000 foyers auraient basculé des tarifs réglementés vers les prix de marché ou souscrit directement à cette dernière offre, dans le cas d'un logement neuf ou d'un nouveau raccordement.

Si Gaz de France peut se targuer de beaux résultats, il convient de les relativiser: le marché de l'électricité compte 26 millions de foyers et celui du gaz naturel 11 millions... Et d'être attentif aussi aux "couacs en série" liés à l'ouverture des marchés qu'a relevés Les Echos dans son édition du 29 octobre: factures trop élevées, rendez-vous "oubliés", impossibilité de joindre le fournisseur... Le "changement de système d'information" s'est "transformé en un véritable chemin de croix pour près de 100.000 personnes".

vendredi 26 octobre 2007

EDF entre prix et tarifs

D'abord, regarder ici et puis ici.

A première vue, la différence ne saute pas aux yeux (bleu ciel). Pourtant, ces deux offres, proposées l'une et l'autre comme "les tarifs de l'électricité", sont radicalement différentes.

La première, celle-là, est celle des tarifs réglementés d'électricité, fixés par l'Etat.

La seconde, ici, correspond aux offres au prix de marché d'EDF.

Pour s'y repérer, le consommateur doit faire la différence entre "contrat électricité : Tarif bleu" et "contrat électricité : Mon Contrat Electricité". Pas évident... Surtout quand chaque page s'orne du titre générique de "tarifs" et du sous-titre de "prix en vigueur au..."

Là n'est pas la seule différence. Quiconque comparera les deux grilles observera des différences significatives. Le coût du KWh n'est pas le même selon que l'on dispose du tarif réglementé ou du prix de marché. Aux petits consommateurs, EDF fait le choix de proposer des prix de marché plus élevés que les tarifs réglementés.

Il fallait pousser la comparaison jusqu'au bout. Energie2007 l'a fait. Vous pouvez consulter les résultats ici.

lundi 22 octobre 2007

De la levure pour ma facture !

Impossible d'ignorer les étiquettes énergie. D'ailleurs, chacun de nous achète désormais son frigo après avoir effectué moult éco-comparaisons et il ne viendrait à l'idée de personne d'allumer un barbecue sans adhérer à GoodPlanet pour compenser en conscience ses émissions carbone.

Voilà que de nouveaux appareils envahissent nos logis: machine à pain, pressing à domicile, machine à bière pression, machine à barbe à papa ou encore parasol chauffant... La mode des équipements professionnels gagne nos intérieurs. A quel prix se mérite ce nouveau bonheur domestique ?

Pour en savoir plus, Energie2007 a interrogé Hervé Lefebvre, Chef adjoint du Département des marchés et des services d'efficacité énergétique (DMSEE) à l’Ademe.

Lire l'interview.

vendredi 19 octobre 2007

Vifs débats à La Réunion autour d'un projet de centrale thermique.

Débats houleux ces jours-ci à La Réunion autour d’un projet de centrale thermique porté par EDF. Celle-ci, d’une capacité de production de 206 MW, doit remplacer la centrale du Port (125 MW), qui doit être démantelée en 2011. L’investissement est estimé à 250 à 300 millions d’euros. L’emplacement prévu de 17 ha est une concession d’Etat accordée à EDF. Principaux avantages : la proximité du réseau haute tension et du terminal des hydrocarbures.

Si le projet d’EDF a été conforté par la Préfecture qui le qualifie de « projet d’intérêt général », il n’en suscite pas moins de vives oppositions. D’abord, du côté des acteurs portuaires qui n’entendent pas se laisser déposséder des 17 hectares, qu’ils entendent réserver à des activités portuaires. La ville se sent dépossédée du schéma d’aménagement portuaire… L’instance de concertation locale (ICL) a été boycottée par un élu, Roland Robert, maire de La Possession, qui a dénoncé « une mascarade ». Quant au maire du Port, Jean-Yves Langenier, il a pour sa part présenté une motion visant à faire de sa commune « une ville solaire » afin de « tourner le dos aux énergies fossiles ».

Car le deuxième point de friction est celui de la technologie employée. Au moment où les divers acteurs de l’énergie s’emploient à promouvoir les énergies renouvelables, EDF entend construire une centrale thermique. Qui suppose d’importer 150.000 à 200.000 tonnes de fuel chaque année. Et qui rejettera, bon an mal an, un million de tonnes de CO². Et tous de s’interroger : cette centrale ne contrevient-elle pas aux ambitions d’autosuffisance énergétique que prévoit le Plan régional des énergies renouvelables et d’utilisation rationnelle de l’énergie (Prerure) à l’horizon 2025-2030 ? D’autres perspectives doivent être étudiées, plaide-t-on à l’Agence Régionale de l'Energie Réunion (Arer), comme l’Energie thermique des mers (ETM), les centrales géothermiques ou solaires…

Bien sûr, le débat ne peut rester indifférent à la progression des besoins : si la croissance de la demande a été ramenée de 7-8% l’an dans les années 2000 à environ 4-5% l’an aujourd’hui, elle n’en reste pas moins très élevée. Lors des discussions du Grenelle de l’environnement, des solutions ont été proposées, comme l’opération « 100% chauffe-eau solaire ». Le succès de la campagne « lampécos 2007 » montre l’intérêt d’approches MDE impliquant la population : 650.000 ampoules basse consommation vendues 1 euro ont été écoulées en 15 jours. Vient alors une dernière interrogation et non la moindre : laisser EDF investir en quasi-monopole dans les énergies fossiles ne présente-t-il pas un risque supplémentaire si un jour le tarif garanti par l’Etat venait à disparaître ? Dans un contexte de vive hausse des énergies fossiles ?

jeudi 18 octobre 2007

Liste des fournisseurs

Energie 2007 a mis à jour sa liste des fournisseurs d'électricité et/ou de gaz à destination des clients particuliers. Ils sont une petite quinzaine à se disputer un marché pour l'instant quasiment figé. Parmi les nouveaux venus, figurent Planète Ui ou Proxelia. La liste des fournisseurs visant le marché des clients professionnels (professions libérales, collectivités, PME-PMI...) est, elle aussi, actualisée. Ils sont un peu plus nombreux (21) pour un marché largement plus ouvert. Si ces renseignements sont incomplets ou inexacts, n'hésitez pas à nous le faire savoir : contact@energie2007.fr

lundi 15 octobre 2007

Forte hausse des prix en Allemagne et Belgique



Nouvelle augmentation des prix de l'énergie en Belgique. La hausse des tarifs de distribution se traduira par un relèvement des factures de gaz et d’électricité d'environ 2 euros par mois pour les consommateurs d'électricité et de 5 à 6 euros par mois pour les consommateurs de gaz... Notons que ces augmentations sont d'ordinaire soumises au visa de la Commission de la régulation du gaz et de l’électricité (CREG) mais celle-ci a vu récemment ses pouvoirs rognés par la Cour d’appel de Bruxelles. Ces hausses s'ajoutent à celles déjà décidées par Electrabel (17% en moyenne, environ 172 euros par an pour un ménage) et SPE-Luminus (tarifs augmentés de 6%). A la CREG, on estime que la facture finale d'un ménage pourrait s'alourdir de "250 euros" par an. Pour l'association Test-Achats, cette augmentation "insupportable" est la preuve que l'ouverture des marchés de l'énergie se déroule de manière "boiteuse".
Lire le communiqué de la CREG.

Même punition en AllemagneE.ON annonce de fortes augmentations de ses tarifs en 2008. Mais il s'agit ici de répercuter la hausse des prix de production et des taxes sur les énergies renouvelables. Dès le 1er janvier prochain, les particuliers verront leur facture d'électricité grimper de 7,1 à 9,9% selon les régions (4,30 à 5,80 euros supplémentaires par mois) et celle de gaz monter de 3,4% à 8,8%.

Pour faire bonne mesure, le baril de pétrole brut a atteint 85 dollars, aujourd'hui, à New York. L'hiver s'annonce rude.


vendredi 12 octobre 2007

Le retour des compteurs pré-payés...

On se souvient de ces clients anglais en difficulté obligés d'aller verser quelques pièces dans leur compteur pour avoir de l'électricité. Beau comme du Dickens. La Belgique les a adoptés.

A ce jour, plus de 50.000 compteurs pré-payés seraient installés outre-Quiévrain et des compteurs prépayés pour le gaz devraient faire leur apparition au second semestre 2008. Le principe est simple: on recharge son compteur pour pouvoir consommer. Comme le dit, sans ironie, Eandis en énumérant les "avantages déterminants" de ce système : "le client économise de l’énergie, puisqu’il est parfaitement conscient de ce qu’il consomme". Jusqu'à présent, pour alimenter son compte, le client devait aller dans un centre d'accueil de son gestionnaire de réseau de distribution ou bien dans les Centres publics d'action sociale (CPAS).

Il est désormais possible de recharger son compteur à l'aide d'une carte à puce via le système Proton (équivalent du Moneo), dans toutes les cabines téléphoniques Belgacom. Le client peut ainsi se constituer une réserve de paiement d'électricité en estimant sa consommation à l'avance. S'il épuise son crédit, à l'instar du découvert autorisé dans les banques, "un crédit de secours peut être activé sur le compteur dans l'attente du rechargement de la carte". C'est toute l'astuce du système: en obligeant le client à payer à l'avance, le fournisseur bénéficie de trésorerie et, s'il est défaillant, encaisse des intérêts.

En France, il y a environ 3.000 compteurs à prépaiement.

mardi 9 octobre 2007

Démarches forcées?

La lecture de l'Yonne républicaine réserve souvent des surprises.

Pont-sur-Yonne, paisible commune de Bourgogne: dans les premiers jours de septembre, deux agents commerciaux font signer de nouveaux contrats d'électricité à quelque 25 locataires des HLM. Sans méfiance, ceux-ci signent les documents qui leur sont présentés par ceux qui se présentent comme des agents EDF. Principal argument: les marchés sont ouverts à la concurrence, il convient donc de renouveler les contrats.

Or, ces contrats d'électricité ne sont pas libellés au nom du fournisseur historique mais émanent de... Gaz de France et Direct-Energie. Non pas aux tarifs réglementés mais aux prix de marché. Le temps de s'en rendre compte et le délai de rétractation de 7 jours est dépassé.

GDF dispose en effet de partenaires commerciaux "habilités à porter des offres de Gaz de France", indique Alain Schmidt, son directeur commercial sud, est et centre, à l'Yonne républicaine. Et l'un de ces partenaires "a embauché des commerciaux pour faire de la vente forcée." Car le démarchage abusif ne se limite pas aux 25 habitants de Pont-sur-Yonne: ils seraient plus de 2.200 personnes en France (Bourgogne, mais aussi sud-est, du côté d'Aix-en-Provence) à avoir signé de tels contrats sans en connaître la teneur.

A Gaz de France comme à Direct-Energie, on affirme avoir fait le ménage. Evoquant ce partenaire indélicat, Alain Schmidt annonce: "Nous avons décidé de le virer de notre charte." Les "clients" concernés recevront une lettre d'excuses et auront la possibilité de se rétracter. Quant à Thierry Roussel, directeur général de Direct-Energie, il affirme, toujours dans les colonnes de l'Yonne républicaine que les représentants de sa société appellent directement "chaque nouveau client, après le délai de 7 jours pour valider son choix (et que) toutes ces conversations sont enregistrées."

Il semble donc que les deux fournisseurs aient agi rapidement pour mettre fin à des démarchages abusifs. Reste que cela évoque des situations similaires dans d'autres pays que nous ne nommerons pas et peut légitimement susciter quelques interrogations - ou inquiétudes - lorsque d'autres fournisseurs envisagent aussi de démarcher au porte à porte....

L'Yonne républicaine, 14 septembre 2007

Lire notre fiche pratique Consommateur: devoir de vigilance!

Et notre questions-réponses sur les délais de rétractation.

vendredi 5 octobre 2007

Que Choisir épingle les deux Gaz de France

"Factures aberrantes" et service client aux abonnés absents: faisant état d'un "abondant courrier d'usagers insatisfaits", l'UFC-Que Choisir épingle Gaz de France et pointe du doigt les ratés de la séparation des activités de distribution et de fourniture.

Les faits: après avoir changé son système d'information (entraînant pour "10,5 millions de clients particuliers" la migration d'un "logiciel à l'autre en 2006"), Gaz de France a adressé "des factures parfois aberrantes" avec "des surestimations de consommation" dues à la douceur hivernale. Or, cet été, lorsque les usagers ont cherché à joindre Gaz de France, "le téléphone a souvent sonné dans le vide", déplore l'association. Celle-ci a interrogé Pierre Challut, directeur commercial des clients particuliers de GDF, qui a reconnu qu'en juillet, "le taux de prise des appels est tombé à 50 %", alors même qu'il y avait de nombreuses réclamations. Aujourd'hui, assure-t-il, "nous sommes remontés à 85 % (et) sommes par ailleurs en mesure d'assurer un remboursement des surfacturations en une semaine."

Que Choisir conteste cette version, s'appuyant sur un courrier de réclamations toujours aussi abondant.

Et l'association estime que les difficultés observées ont une autre source : la réorganisation résultant de la séparation des activités fourniture (Gaz de France) et distribution (Gaz de France distribution, autrefois EDF-GDF services), laquelle "n'est pas achevée sur le terrain, loin de là". Ce qui aurait des effets perturbants pour les usagers comme, par exemple, l'augmentation des "délais de prise de rendez-vous pour l'installation du gaz chez les nouveaux abonnés". Avec pour conséquence "quelques sacs de courriers de protestation supplémentaires".

mercredi 3 octobre 2007

700.000 déménagements par an en Ile-de-France

Lors d'un petit-déjeuner du Sipperec, Yves Giraud, directeur commercial d'EDF particuliers et professionnels d'Ile-de-France, annonçait que, chaque année, 700.000 foyers changeaient de logement dans la région Ile-de-France (cf compte-rendu du petit-déjeuner, page 4). Un chiffre impressionnant qui... pourrait bien donner du tonus au marché si la proposition de loi votée au Sénat était adoptée par l'Assemblée nationale. Et dans les autres régions?

lundi 1 octobre 2007

Réversibilité limitée mais étendue aux petits professionnels au "tarif bleu"

Le 1er octobre, le Sénat a adopté une proposition de loi visant à autoriser les consommateurs particuliers mais aussi, par le biais d'un amendement, les clients professionnels au "tarif bleu", à bénéficier d’un "droit de retour" aux tarifs réglementés lorsqu’ils emménagent dans un logement dont le précédent occupant avait choisi de prendre une offre aux prix de marché.

De quoi s'agit?

D'abord, de "corriger une évidente aberration issue du cadre juridique de la loi du 7 décembre 2006". En effet, si vous entrez dans un logement dont le précédent occupant avait choisi de faire jouer la concurrence, même si vous étiez un adepte farouche et irréductible des tarifs réglementés, vous étiez contraint par la loi de subir la décision de votre prédécesseur. L'éligibilité (terme barbare qui signifie : possibilité de faire jouer la concurrence) était en effet liée à un logement, non à une personne.

C'est cela que la loi change. Désormais, vos choix personnels vous suivront où que vous alliez.

Sur le fond, le problème reste entier: le marché ne fonctionne pas. Les particuliers qui ont changé de fournisseur ne sont qu'une infime minorité: entre 3.500 et 15.000 sur... 26 millions de foyers potentiels. Cet immobilisme, qui pourrait d'ailleurs coûter cher aux nouveaux entrants (Altergaz, Direct-Energie, Poweo, Enercoop...), est aujourd'hui constaté unanimement. Et le "droit de retour" proposé par la FNCCR en juin dernier s'est imposé progressivement dans les esprits. Collectivités locales, Commission de régulation de l'énergie, associations de consommateurs, associations de grands clients industriels et jusqu'à certains nouveaux entrants, tout le monde voit aujourd'hui dans la "réversibilité" le meilleur moyen de fluidifier le marché.

Dans 17 autres pays de l'Union européenne coexistent tarifs réglementés et prix de marché. Les conditions de réversibilité sont plus ou moins complexes mais, de ces 17 pays, la France était jusqu'à présent le seul où le choix du marché était aussi contraignant. La réversibilité permet de conjuguer marché et service public. Enerpresse analysait récemment (14 septembre 2007) l'exemple du marché espagnol où le "droit de retour" vers les tarifs réglementés de l'électricité et du gaz permet à des clients d'opter entre plusieurs options, en toute liberté.

L'adoption de cette proposition de loi (qui doit maintenant passer à l'Assemblée) était largement attendue, notamment par les professionnels de l'immobilier, saisis de demandes multiples par des propriétaires qui souhaitaient "verrouiller" leurs appartements avant de les louer. Il faut donc se féliciter de la levée de ce premier obstacle.

Mais, si l'on veut véritablement un marché ouvert à la concurrence, il faudra aller plus loin. Et autoriser la réversibilité sans conditions, sans doute avec un temps de latence pour éviter les effets "zapping", pour tous les clients particuliers et les clients professionnels au "tarif bleu".

Lire la petite loi.


Post scriptum pas du tout anecdotique: En outre, un amendement présenté par le sénateur Paul Raoul a modifié les dispositions qui régissaient l'accès au gaz naturel dans les logements neufs. Ceux-ci pourront, comme pour l'électricité, bénéficier de tarifs réglementés pour le gaz.

 
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